Nutrition,  Santé

Summer body : pourquoi il faut arrêter avec ça

L’été arrive, c’est bientôt l’heure on l’on va se montrer en petite tenue sur la plage (pour celles et ceux qui auront cette chance, j’écris cet article en plein confinement covid-19). Vous l’aurez remarqué, on nous incite à cette période de l’année à préparer notre summer body ou beach body (au choix), en nous proposant régimes drastiques et challenges sportifs à tout va… Mon avis sur ça en quelques points.

1. Vous n’avez pas besoin de faire une taille 34 pour vous afficher sur la plage

Je crois personnellement au fait d’avoir un « poids santé » ou « poids de forme » qui n’est pas forcément le même pour tout le monde, et ne s’accompagne pas d’abdos saillants et de sécheresse de dingue. Dites-vous bien que la plupart des modèles que vous voyez sur les réseaux et que vous pensez « en forme » cachent des problèmes : manque de masse grasse entraînant problèmes hormonaux, fatigue, alimentation ultra contrôlée et frustrante… N’oubliez pas non plus que la plupart usent et abusent de photoshop, chirurgie, maquillage et poses avantageuses.
Je sais combien il est difficile de s’afficher avec un peu de gras, de la cellulite, ou autre particularité physique qu’on ne voit pas dans les magazines, et pourtant il faut vraiment intégrer que tout cela est NORMAL. Moi-même je fais du sport régulièrement, j’ai un poids « dans la norme » par rapport à ma taille, et pourtant, j’ai de la cellulite et des vergetures, comme tout le monde (90% des femmes au moins). Ce sont, j’insiste, des phénomènes naturels. Quiconque vous promet de vous les faire perdre est un menteur. On peut, au mieux et avec beaucoup d’efforts, les atténuer.

De ce fait, il faut comprendre que tout le monde a des complexes, même les plus sportifs ou minces d’entre nous, et c’est LÀ qu’interviennent les magazines, les médias, les influenceurs, les coachs… Se servir des complexes pour vendre des produits ou programmes aidant à la perte de poids est malheureusement une technique marketing vieille comme le monde.

2. Les régimes ne sont pas vos amis

Vous voyez certainement souvent des coachs ou diététiciens clamer « c’est simple, pour maigrir il suffit de manger moins! », et c’est sur cette restriction calorique que se basent la majorité des régimes.
Or on sait tous aujourd’hui que les régimes ne marchent pas, parce qu’une trop grande restriction a des séquelles sur notre métabolisme.
Je m’explique. Vous mangez moins, votre corps puise dans ses réserves, mais rapidement il comprend qu’il n’est pas assez nourri, alors il se met en mode « économie d’énergie » : il essaye de dépenser le moins possible de calories, et stocke la moindre nourriture que vous lui en donnez. Vous finirez fatigué·e, irrité·e, frustré·e, et prendrez certainement encore plus de poids.

Deuxième problème à la restriction calorique : les calories ne se valent pas. Cette vision réductionniste est dangereuse. 100 kcal de cookies = 100 kcal de pommes, en théorie oui, mais dans les faits pour votre corps ça ne se vaut pas. Résistance à l’insuline à cause du sucre, additifs controversés, ingrédients difficiles à digérer… Votre système hormonal et santé globale ne dépendent pas des calories, mais bien de la matrice et du potentiel santé des aliments. On comprends alors pourquoi se fixer des objectifs de régimes à XXXX calories tout en mangeant industriel et transformé est une aberration. Vous remarquez aussi que les produits bruts et non transformés n’ont pas d’étiquettes indiquant leurs nombres de calories…

Et enfin dernier point à aborder, et non des moindres : le comptage des calories est à mon sens, aussi dangereux pour la santé mentale.
Ne plus voir les aliments que comme des calories ne nous aide clairement pas à avoir une vision saine de la nourriture. Devoir tout compter pour savoir si « c’est ok de manger ça » conduit à terme pour certaines personnes à des troubles du comportement alimentaires (TCA) : anorexie, boulimie, hyperphagie, orthorexie. Véritable fléau, notamment pour les femmes à qui on met beaucoup de pression sur leurs physiques, une jeune fille sur 200 serait concernée par l’anorexie en France.

Pour toutes ces raisons, préférez consulter des naturopathes ou diététiciens nutritionnistes qui ne vous feront pas des programmes à la calorie près, mais vous établiront des recommandations sur-mesure, pour votre santé.

3. Les challenges sportifs de courte durée sont pour la plupart inadaptés, inefficaces, voir dangereux

Un programme sportif efficace doit être : personnalisé en fonction de votre niveau, de vos capacités, de votre objectif et de vos disponibilités, il doit être diversifié et inclure un maximum d’exercices poly-articulaires.

Pourquoi je pense que les programmes tout prêts 30j ou plus sont une catastrophe ? Premièrement parce qu’on est généralement dans le « tout ou rien ». Pour des personnes n’ayant jamais fait de sports de leur vie, se mettre à réaliser du sport tous les jours entraîne un stress pour l’organisme. Oui ! Il faut y aller en douceur, aussi bien pour votre organisme que pour votre mental. Vous allez être très vite fatigué·e, courbaturé·e et aurez envie d’arrêter rapidement ou risquez de vous blesser ! En plus si vous combinez ça avec un régime hypocalorique, c’est la descente aux enfers… Rien de pire pour vous dégouter du sport.
Mon conseil : commencez doucement, si vous n’êtes pas sportif·ve· du tout, je conseille des sports doux (yoga, marche) et du renforcement musculaire 2x par semaine maximum les premières semaines, le temps de s’adapter et d’y prendre goût. Attention au cardio à outrance. Non, le cardio n’est pas le seul sport pour perdre du poids, et peut s’avérer contre productif.

Deuxièmement, les exercices de renforcement musculaire, ça s’apprend ! Placement, respiration, mouvement… Tout ça n’est généralement pas indiqué dans ces programmes tout prêts. Rien de mieux pour ça qu’un·e coach qui puisse vérifier vos mouvements, en salle ou à domicile.

Troisièmement, certains exercices dans ces programmes peuvent être véritablement dangereux, notamment les fameux abdos hyperpressifs (crunch, situp… tout ceux où vous rapprochez votre buste des jambes). On les appelles hyperpressifs parce qu’ils exercent une pression sur l’abdomen vers le bas entraînant : un ventre qui « ressort » (l’inverse de ce qu’on veut en général), un périnée fragilisé avec des descentes d’organes ou incontinences à long terme, un risque d’hernie discale… Il est primordial de contracter le périnée sur cet exercice, mais sachant que peu de personnes en sont capables, on préférera les éviter.
On privilégie plutôt le gainage (abdos normopressifs) ou le stomach vacuum (abdos hypopressifs) pour un effet ventre plat. Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez voir cette FAQ de @osteofeminin sur instagram.

Enfin, lorsque l’on vous construit un programme, vous devez aussi avoir plusieurs choix d’exercices pour les mêmes zones, afin de s’adapter à vos particularités physiques (manque de souplesse, douleurs articulaires, ressenti…). Tous les exercices ne sont pas forcément bons pour vous !

Rare image d’une personne capable de sourire en faisant du gainage 😀

Conclusion

Ne courez pas après une perte de poids rapide, au risque d’affaiblir votre métabolisme, et de vous retrouver en mauvaise forme. La santé n’est pas synonyme du corps le plus mince et le plus sec. Se mettre au sport doit se faire de manière progressive et adaptée. N’oubliez pas que c’est ce que vous faites et mangez toute l’année qui impactent votre physique et votre santé, vouloir tout bouleverser en 1 mois est impossible ! Enfin, préférez toujours vous faire accompagner par des thérapeutes holistiques qui vous feront une prise en charge globale personnalisée plutôt que ces programmes tout prêts.

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