Nutrition,  Santé

Pourquoi manger bio ? – Consommer est un acte politique

Pour consommer moins de pesticides

Ce n’est un secret pour personne, la raison première pour laquelle nous devrions tous consommer bio, c’est tout simplement pour échapper aux traitements chimiques.
Plus de 66.600 tonnes de pesticides sont utilisées en France chaque année dans les cultures agricoles (90%) ou horticoles (10%). Cela représente plus de 2 kilos de pesticides (fongicides, herbicides et insecticides phytosanitaires) chaque seconde. En France, en agriculture, on déverse 2,3 kilos de matières (engrais ou pesticides) par hectare cultivé.
Bien que le « zéro pesticides » soit une utopie, manger bio reste tout de même la meilleure solution pour éviter ces produits de synthèse. Une pomme issue de l’agriculture conventionnelle reçoit en moyenne 35 traitements avant de finir dans votre supermarché.

image flickr

Vous pensez que laver et éplucher vos légumes vous sauvera ? Et bien non malheureusement. « Beaucoup de produits phytosanitaires ont un effet systémique. Ils rentrent et ils restent dans la plante », observe le Dr Chevallier.
En juin 2019, Générations futures sortait un rapport après avoir examiné les fruits et légumes sur 6 ans.

Sur les 6 années, ce sont en moyenne 71,9% des échantillons de fruits qui contenaient des résidus de pesticides avec 2,9% de dépassement de la Limite Maximale en Résidus (LMR). Pour les légumes, la moyenne est de 41,3% des échantillons concernés et 3,4% de dépassement de LMR.

Rapport de Générations futures

Une diminution de 25% du risque de cancer a été observée chez les consommateurs « réguliers » d’aliments bio, par rapport aux personnes qui en consomment moins souvent. C’est ce que révèle une étude épidémiologique menée par une équipe de l’Inra, Inserm, Université Paris 13, CNAM, grâce à l’analyse d’un échantillon de 68 946 participants.
Deux principales hypothèses sont avancées pour expliquer cette étude : la présence de pesticides beaucoup moins élevée dans l’alimentation bio, et la teneur en nutriments plus importante…


Pour consommer plus de nutriments

Les phytonutriments sont des molécules que les plantes produisent pour se protéger des rayons UV, des insectes ou encore de certaines maladies. Les phytonutriments sont connus pour être de puissants antioxydants et protégeraient contre le cancer, les maladies cardiovasculaires et le vieillissement prématuré. Le non-usage de pesticides et fongicides forcerait la plante à développer davantage de phytonutriments pour faire face aux diverses agressions qu’elle subit. Les phytonutriments, et notamment les polyphénols (= antioxydants naturellement produits par la plante), permettraient d’empêcher la formation de composés nitriques, qui sont associés à une augmentation des risques de contracter certains cancers.
Une publication internationale conduite par l’Université de Newcastle a trouvé des différentes nettes entre produits conventionnels et produits biologiques : des concentrations de divers antioxydants nettement plus élevées dans les produits bio, de 19 % à 68 % pour certains polyphénols et flavonoïdes.
Les études confirment des teneurs supérieures dans les légumes et fruits
bio pour plus de matière sèches (moins d’eau), pour certains minéraux (fer, magnésium et zinc), pour les anti-oxydants (composés phénoliques) et pour la vitamine C. Pour les produits animaux, il est noté une tendance à un taux plus faible de lipides totaux et plus élevé en acide gras polyinsaturés. Le lait bio à un meilleur rapport oméga-3 / oméga-6, ceci est principalement lié à la consommation d’herbe fraiche ou séchée par les vaches laitières. Il est aussi plus riche en vitamine E.


Pour la santé des professionnel·le·s et des résident·e·s

Les agriculteurs et agricultrices conventionnels, sont les premières victimes de cette agriculture, puisqu’ils sont appelés à manipuler régulièrement les produits phytosanitaires.
De plus en plus de professionnel·le·s victimes des pesticides luttent pour faire reconnaître leurs différents maux en maladie professionnelle. Nombreux sont ceux qui déclarent des pathologies lourdes telles que des troubles neurologiques et des maladies neurodégénératives, de l’hypersensibilité chimique, des lymphomes, des leucémies, des cancers (du poumon, de la vessie, des testicules, du pancréas, de la prostate, de la peau…) Il reste difficile de lister toutes les maladies auxquelles sont confrontées les victimes des pesticides, et compliqué pour celles-ci de prouver l’existence de ce lien.

www.phyto-victimes.fr

Au delà des professionnel·le·s, il y a aussi les personnes, autour des champs et exploitations. En France, la Gironde est le département le plus à risque, en cause les vignes traitées à outrance. Le rapport de l’Inserm, consacré aux effets des pesticides sur la santé et publié en 2013, s’intéressait aux risques encourus par les personnes habitant près des exploitations. Là encore, pas de certitudes, mais des présomptions plus ou moins fortes pour certaines pathologies. 
Chez l’enfant, le risque de leucémie et de tumeurs cérébrales peut être multiplié par deux lorsque la mère a été souvent exposée durant la grossesse.
Des maires et des associations se mobilisent aujourd’hui pour tenter d’interdire les traitements autour des habitations, écoles, et lieux publics… en vain.

Dessin : Allan Barte

Pour la planète

L’utilisation de la fertilisation organique (effluents d’élevage, pailles, compostage, cultures d’engrais verts…) à la place d’engrais chimiques de synthèse utilisés dans l’agriculture conventionnelle aboutit à des teneurs beaucoup plus élevées en matières organiques (30 à 40% de vers de terre, 40% de mycorhizes ou encore 90% d’araignées en plus…).
L’agriculture bio évite la contamination des nappes phréatiques et des cours d’eau, en utilisant des produits de traitement des plantes et de soins des animaux d’origine naturelle.
En diminuant l’utilisation des énergies non renouvelables, en réduisant les besoins de produits agrochimiques (qui exigent de produire de grandes quantités de combustible d’origine fossile), l’agriculture biologique contribue à atténuer les effets de serre et à réduire le réchauffement de la planète grâce à sa capacité à éliminer le carbone des sols.

En choisissant des produits bio, vous participez donc à la promotion d’un système agricole moins polluant et plus respectueux de l’environnement.
Et si vous pensez que le bio donne moins de rendement, et donc moins de production et qu’il ne peut pas nourrir tout le monde, je vous renvoie à cet article du Monde relatant les résultats d’une étude publié dans Nature communications : Une agriculture 100 % biologique pourrait nourrir la planète en 2050.


Quel bio choisir ?

La marque « AB », comme le logo bio européen, identifie des produits 100% bio ou contenant au moins 95% de produits agricoles bio dans le cas des produits transformés. Un produit labellisé bio est un produit qui respecte ce cahier des charges rigoureux.
Malheureusement, respecter ce cahier des charges n’est pas la garantie d’un produit bon pour la santé et pour la planète : tomates d’Espagne qu’on trouve en hiver dans des grandes surfaces, emballages plastiques à gogo, importations massives, biscuits à l’huile de palme, produits transformés riches en sucre et sel…
Globalement, il faut se méfier des grandes surfaces et des marques qui se sont subitement mises à faire du bio, voyant la tendance arriver, mais qui ne respectent pas réellement l’éthique sous entendu par le label bio.
Certains agriculteurs qui militent pour d’autres labels plus exigeants : Nature & Progrès, Bio-Cohérence ou encore Demeter.
Pour consommer bio et responsable, le plus simple est de se tourner vers des producteurs locaux, et d’acheter de saison.
Vous pouvez aussi vous tourner vers des enseignes spécialisées : Biocoop, l’Eau vive…

Et pour le prix ? Les produits bio sont plus chers, surtout si l’on choisit des produits transformés ou déjà cuisinés. Acheter des aliments bruts permet de réaliser des économies. Mettez plutôt légumes, fruits, noix, viande crue, oeufs dans votre panier que biscuits, salade toute prête, plats préparés, charcuteries…

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